Les taux d’intérêt sont une notion de base à comprendre pour tout investisseur. Pour emprunter de l’argent, on paie un prix, le taux d’intérêt, et ce prix compense le risque pour le prêteur de ne pas être remboursé. Ces taux d’intérêt sont souvent exprimés en pourcentage annuel. Lorsque nous prêtons de l’argent à une banque via un compte épargne, nous touchons un taux d’intérêt. Et on comprend très bien l’importance d’avoir un système centralisé pour diriger tout ça. C’est là qu’arrivent les banques centrales. C’est elles qui décident des taux directeurs. Ils sont au nombre de 3. Le plus important, celui que tout le monde connaît, c’est le taux de refinancement. Les banques commerciales, pour prêter de l’argent, ont besoin de rester dans tout un tas de critères légaux et financiers pour pouvoir prêter à leurs clients. Et parfois, elles ont besoin de plus d’argent, elles se refinancent. Elles empruntent aux banques centrales des liquidités à un taux, le fameux taux de refinancement. Aux US, petite subtilité, on parle des taux fédéraux, ils sont également décidés par la banque centrale, sauf que c’est à ce taux-là que les banques se prêtent entre elles, et non pas auprès de la banque centrale. Quoi qu’il en soit, c’est ces mêmes taux qui sont depuis quelque temps maintenant toujours très proches de zéro. Et c’est bien sûr ces taux-là que les banques commerciales vont répercuter sur leurs clients. C’est pour ça qu’actuellement, on investit…
On peut emprunter pour très peu cher car les taux de refinancement sont tellement bas que les banques, bien sûr, vont prêter à leurs clients avec un mark up, une petite marge par-dessus, mais les taux de refinancement étant très bas, les taux des crédits, immobiliers, etc., sont eux aussi très bas. On comprend que c’est bien ce taux-là, le taux de refinancement, qui a le plus d’impact sur l’économie. On en reparle juste après. Ensuite, 2e taux, on a le taux d’escompte pour la FED ou le taux de prêt marginal pour la BCE. C’est à ce taux-là que les banques empruntent pour une très courte durée, quelques heures à quelques jours. C’est également un outil de flexibilité pour les banques centrales. 3e taux, le taux de rémunération des dépôts. Et c’est à ce taux-là que les banques commerciales sont rémunérées quand elles déposent de l’argent dans les banques centrales. C’est un peu le livret A des banques commerciales. Et c’est aussi un outil de régulation macroéconomique pour les banques centrales puisqu’on comprend que plus ce taux-là est bas, moins les banques commerciales sont incitées à déposer de l’argent dans les banques centrales, et donc plus elles veulent utiliser leur cash et donc l’injecter dans l’économie. Quoi qu’il en soit, si les banques centrales changent un de ces 3 taux, on a un effet de répercussion immédiat sur les banques commerciales et donc sur toute l’économie. Et ces taux directeurs ont un très fort pouvoir de contamination dans l’économie puisqu’ils vont jouer, bien sûr, sur les taux des prêts auxquels les emprunteurs vont emprunter, que ça soit pour l’immobilier, les prêts personnels, voiture, consommation… Ça va jouer aussi sur les investissements des entreprises, sur le taux de chômage, sur l’inflation, et indirectement sur les prix de l’immobilier, des actions, des obligations, et même le taux de change intermonétaire.
Qu’est-ce que ça veut dire pour nous investisseurs et comment s’adapter ? Mais avant, pourquoi les banques centrales changent les taux ? La mission principale des banques centrales est de réguler l’économie. Pour ça, elles mettent en place les politiques monétaires, avec pour but principal de contrôler l’inflation pour la Banque centrale européenne, voire de réguler le chômage, pour la FED. Pourquoi, finalement ? Parce que des prix stables, c’est une économie stable. Imaginez une économie où les prix changent tous les jours, où on sait pas quel prix on va payer une baguette de pain, où on ne peut pas anticiper son loyer de l’an prochain, les entreprises ne sont pas capables d’anticiper leurs investissements, les prix des matières premières, de l’essence, du pétrole, du blé changent tous les jours. On ne peut pas s’adapter en temps réel. Les recettes fiscales de l’Etat vont être fluctuantes, les investissements de n’importe quel acteur de l’économie sont bloqués. Bref, en matière de prix, la stabilité a du bon et c’est le but des banques centrales de maintenir l’inflation aux alentours de 2 %. Pour assurer la stabilité des prix et l’inflation, on joue donc sur les taux. Dans le cas d’une baisse des taux, c’est des emprunts moins chers pour les banques commerciales, donc moins chers aussi pour les entreprises et particuliers. C’est donc plus de prêts, plus d’investissements, moins d’épargne inutilisée, plus de développement économique, indirectement moins de chômage, plus de pouvoir d’achat, plus de demande, et donc au bout du compte, une augmentation des prix.
À l’inverse, une baisse des taux, c’est des emprunts plus chers pour les banques, pour les entreprises et particuliers. C’est donc moins de prêts et d’investissements, plus d’épargne inutilisée, moins de développement économique, plus de chômage, moins de pouvoir d’achat, moins de demande, et au bout du compte, une baisse des prix. Bien sûr, une multitude de variables entrent en compte à chaque étape et aucune n’est sûre ni obligatoire. On l’a vu, par exemple, pendant la crise du coronavirus, on a baissé les taux autant que possible, et pourtant, les taux d’épargne n’ont jamais été aussi hauts. Les banques centrales vont donc naviguer entre baisses et hausses des taux au fur et à mesure des cycles économiques, et elles vont sortir l’artillerie lourde en cas de crise avec des baisses massives. Comme en 2000, après l’explosion de la bulle Internet, en 2007 pendant la crise des subprimes ou en 2020 pendant le coronavirus. Donc la FED, la BCE et la majorité des banques centrales se réunissent 8 fois par an pour décider de leur politique de taux. Et à chaque fois qu’y a un changement, ça impacte notamment les marchés financiers. Les obligations, par exemple. Si les taux augmentent, la diffusion des taux va se faire aussi dans les nouvelles obligations, qui vont donner un meilleur taux que les anciennes. En réaction, les investisseurs vont vendre leurs anciennes obligations pour en racheter et avoir de meilleurs taux Ils vont donc ainsi, par la loi de l’offre et la demande, faire baisser les prix des obligations déjà émises. Les prix des obligations sont donc inversement corrélés au tout. Quand les taux montent, les prix des obligations baissent et vice versa. Les actions, maintenant. Si les taux baissent, les entreprises vont emprunter moins cher et potentiellement financer plus de moyens de production sans engager leurs fonds propres. Il sera donc moins cher de se développer. C’est pourquoi des taux bas profitent aux performances des entreprises et à leurs actions. Et quand les taux sont bas, il est moins intéressant de placer son épargne sur des supports peu risqués et peu rémunérateurs. Y a donc plus de fonds investis dans les actions, déjà favorisées par les taux bas. Et donc les prix augmentent encore.
Alors c’est vrai pour le marché en général, le marché actions, mais y a des exceptions, les banques, par exemple. Quand les taux sont bas, les banques font moins de marge. Donc en général, ça n’aide pas leurs actions. Mais quand les taux remontent, les banques vont pouvoir impacter ces hausses de taux et prendre un mark up. Elles vont faire plus de marge et avoir plus de chances de progresser en bourse. Le cash, maintenant. En effet, quand les taux augmentent, les taux d’intérêts bancaires sont censés augmenter aussi et les livrets et placements bancaires augmenter. Alors on va pas se faire d’illusions. C’est pas extrêmement corrélé directement, et quand bien même, ça l’est avec un petit décalage. Les banques prennent une marge rendant ces placements pas très Warrior, de toute façon. L’immobilier, lui, profite d’un environnement taux bas car plus de prêts et donc plus de demande. Plus de demande, et donc la loi de l’offre et de la demande, les prix de l’immobilier augmentent globalement. Les cycles de marché ont plus de chances de se produire lors de grands mouvements de taux. Quand les taux montent, l’immo a des chances de baisser, quand les taux baissent, l’immo a des chances de monter. Tu peux essayer d’investir en anticipant les mouvements de taux, mais c’est presque mission impossible car le marché va toujours pricer en avance les rumeurs, et quand la nouvelle va arriver, parfois, il ne va pas se passer l’effet escompté. De plus, les effets systémiques de l’augmentation ou des baisses de taux prennent du temps à se diffuser dans l’économie, et donc les vrais effets vont mettre du temps à se retrouver sur le terrain.
Donc l’opération d’anticipation des mouvements de taux est quasi impossible, par contre, tu peux jouer avec les règles du jeu une fois qu’elles sont posées. Et dans un monde actuel à taux quasiment zéro et stable pour une longue période, il est finalement pas très malin d’avoir du cash parce que le cash ne rapporte rien, il perd même de la valeur. La bonne approche, c’est d’investir la totalité ou une très grande partie de ton épargne sur différents supports, différents actifs, avec des niveaux de liquidité différents. Bien sûr, tu dois garder une épargne de sécurité. C’est elle qui va te servir en cas de coup dur. Mais cette épargne ne doit pas forcément être placée sur un livret. Elle peut également être placée sur un investissement liquide que tu peux retirer rapidement et qui peut te servir de sécurité. Et plus tu vas descendre dans des niveaux importants d’épargne et de plus en plus d’argent, plus tu vas pouvoir te permettre de placer ces liquidités sur des placements de moins en moins liquides. À toi, bien sûr, de faire la balance entre la liquidité de ces placements, leurs risques et leurs rendements. Tu as plein de ressources qui peuvent t’aider sur cette chaîne, et je te mets dans les commentaires quelques liens qui peuvent t’aider sur l’immobilier, la bourse, la gestion de tes finances, etc. Alors dans une économie complètement globalisée, mondialisée, interconnectée, les investisseurs peuvent investir partout. Prenons par exemple le cas d’une obligation française qui délivrerait un taux d’intérêt par exemple de 1 % contre une obligation américaine qui délivrerait un taux d’intérêt, par exemple, de 3 %. À risques égaux, à économies égales, avec le même risque potentiel de défaut pour ces 2 économies, on comprend que l’investisseur malin va aller plutôt vers des obligations américaines que des obligations françaises.
Les obligations américaines étant libellées en dollars, ça va provoquer une demande de dollars pour payer ces obligations contre l’euro. Et plus de demande de dollars et moins de demande d’euros, le dollar progresse face à l’euro. Les taux directeurs viennent jusqu’à impacter les taux de change, les taux intermonétaires. Mais il peut bien sûr y avoir d’autres critères qui viennent réguler le phénomène. Si les taux des obligations sont plus importants aux États-Unis, c’est que l’inflation est plus importante ou il y a une crainte que l’inflation soit plus importante. Peut-être que ces mêmes investisseurs vont se dire : « Ah, risque d’inflation, donc si j’investis en dollars, « la monnaie risque de se dévaluer « et je risque de perdre des dollars. « Est-ce que c’est intelligent d’investir en dollars ? » Et ils vont peut-être, finalement, se retourner vers des obligations françaises moins risquées. Donc tout est toujours question d’équilibre. Si la monnaie que j’utilise augmente face à une autre, ça devient plus intéressant d’acheter des biens et services à l’étranger. Mais si le phénomène grandit et que tout le monde fait ça, ça devient dangereux pour l’économie locale en pesant, finalement, sur les résultats des entreprises. Les entreprises sont en danger, de plus en plus de faillites, et la monnaie étant très forte, les acheteurs étrangers vont acheter de moins en moins dans le pays. La monnaie étant très forte, leur monnaie personnelle peut acheter moins de monnaie locale et donc acheter moins de produits, de services locaux. On arrive à un déséquilibre et à un cercle vicieux de plus en plus importants C’est pourquoi les économies sont notamment en compétition entre elles en ce qui concerne les taux de change. Et c’est pour ça qu’on voit une corrélation entre plusieurs économies, et notamment les US. Parce que c’est la plus grande économie mondiale, et finalement, chaque décision de la FED est scrutée par les autres banques centrales. C’est un peu le chef d’orchestre, elle donne un petit peu le la. Et on sait que si on va avoir de trop grands écarts de taux entre la FED et les autres banques centrales, on va avoir des effets sur les monnaies, les exportations, sur les entreprises, et donc sur le chômage et la demande.
Et t’as compris tous les effets qui vont se diffuser dans l’économie quand on a des déséquilibres de taux de change. Autre point important, la quasi-totalité des commodités mondiales sont libellées en dollars. Par exemple le pétrole, l’or, la quasi-totalité des matières premières, des énergies. Ce qui fait qu’un dollar qui fluctue du fait de la fluctuation des taux directeurs ou du fait du déséquilibre des taux directeurs entre eux vient mettre à mal toutes les commodités, les matières premières, et donc menace de déséquilibrer l’économie planétaire.
Et point également extrêmement important, la dette de la plupart des pays émergents est également libellée en dollars. Donc un dollar qui fluctue, qui se renforce ou, au contraire, qui faiblit, c’est des grands changements de remboursements de dette pour ces pays-là, qui vont devoir acheter plus de dollars, ou, au contraire, avoir un remboursement plus rapide et aisé.
On comprend mieux pourquoi la FED est finalement suivie énormément à travers le monde et pourquoi les taux sont scrutés avec autant d’attention.
C’est ça qui est génial en macroéconomie, c’est qu’on est comme dans une espèce de fourmilière géante où il y a des centaines de milliers d’acteurs, de millions d’acteurs comme chaque petite fourmi, mais un coup de vent dans un coin de la fourmilière va créer un flux qui va devoir se déplacer pour réparer mais va peut-être affaiblir un autre morceau de la fourmilière. C’est pareil avec les économies au niveau mondial. C’est pour ça qu’on voit des fluctuations sur les marchés qui sont parfois rapides, parfois importantes, ou, à d’autres moments, on voit des calmes plats où il se passe pas grand-chose, peu de volatilité, parce que le système est à l’équilibre. Et à chaque fois qu’il vient un peu se déséquilibrer, il a tendance à lui-même revenir à l’équilibre, et quand ça suffit pas, les banques centrales interviennent. J’espère t’avoir permis d’y voir plus clair sur les taux directeurs, les banques centrales et leurs effets sur l’économie.
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